___Il était partout. Derrière mes paupières, le soleil rougeoya, couleur violente qui s'accordait à la chaleur de notre étreinte. Une brûlure qui était, elle aussi, partout. Je ne voyais, ne sentais, n'entendais plus rien qui ne fût Jacob. Le seul neurone qui me restait entreprit de hurler des questions. Pourquoi ne mettais-je pas un terme à cela ? Pire, pourquoi ne désirais-je pas y mettre un terme ? Pour quelle raison n'avais-je pas envie que ça se termine ? Pour quelle raison mes mains aggripaient-elles ses épaules, appréciaient-elles que ces dernières soient carrées et fortes ? Pour quelle raison aimais-je tant que ses mains à lui me serrent trop fort, trop fort et pourtant pas assez pour me rassasier ?
___Questions idiotes. La réponse était simple - je m'étais mentie à moi-même.
___Jacob avait eu raison. Depuis le début. Il est plus que mon ami. Voilà pourquoi il m'était impossible de lui dire au revoir. Je l'aime aussi. Je l'aimais d'amour. Je l'aime plus qu'il n'aurait fallu, mais d'un amour hélas insuffisant pour changer quoi que ce soit, juste assez puissant pour nous blesser tous les deux. Pour le blesser comme jamais.